Dans la sphère de Sfar

Samedi matin, en me réveillant dans le bel appart de Laurence, j’ai eu le temps de lire la Java Bleue de Johann Sfar. Tellement beau avec ses couleurs bien a lui. J’ai réalisé que je ne serai jamais si bon en dessin. Même qu’en voulant être bon je gâche mon plaisir.
Le personnage regarde les choses puis se penche le nez sur la feuille et ne le relève plus. Il ne s’occupe que de ce qui est couché sur le papier.
Son album était dessiné vraiment à la va-vite, mais s’il avait mis dix fois plus de temps sur chaque case, je n’aurais pas plus aimé ça. Tout était dans la narration. Ça doit être ma voie.
J’attend son film autour de Gainsbourg en trépignant. Pour ceux qui ne savent pas de quoi je parle, allez voir ceci.
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Cahier de beuverie

Fin de semaine avec des personnes tellement faciles à aimer.

Fin de semaine à se promener dans les espaces inhospitaliers du Québec. Ces espaces qui s’offrent au regard des pauvres voitures, ridiculement limitées aux lois rigides des cartes routières. Belles montagnes qui nous offrent leurs courbes de neige comme les prostituées d’Amsterdam derrière leurs vitres, mais ici, il n’y a pas de portes, pas d’entrée, on traverse et c’est tout. Une panne dans ce paysage peut être fatale et malheur à qui, entre deux escales confortables, oublie le peu de cas que ce pays si beau ferait de sa peau si le sort le jetait au milieu de ce décor. C’est un grand pays qu’on habite. Qu’on habite si peu.
Après une traversée épique qui se résume au fracassement de centaines de murs de neiges, qui naissaient derrières ces camions, mastodontes muets et innocents qu’on dépasse comme on égrène un chapelet, on a  bu les retrouvailles. Et le lendemain, avec 200 autres km dans le corps, on a bu encore. Voici mon cahier de beuverie.